Annexe · glossaire
- adab, pluriel ādāb.
- Conduite prescrite, règle de tenue. Le livre range sous ce mot les devoirs du rêveur (chapitre 3) et ceux de l’interprète (chapitre 4), qui ne sont ni des jugements légaux ni des procédés techniques.
- aḍghāth aḥlām.
- Amas de rêves confus, sans ordre et sans sens interprétable. Le livre le distingue du ḥulm, qui vient du diable, et de la vision véridique (règles 10 et 14).
- aṣl, pluriel uṣūl.
- Fondement. Dans ce livre, la règle qui commande les autres et dont elles se déduisent ; vingt-sept règles portent cette étiquette, et la première est celle qui refuse à toute vision de fonder un jugement légal.
- ḍābiṭ, pluriel ḍawābiṭ.
- Critère de contrôle, plus étroit qu’un aṣl : il sert à reconnaître un cas ou à l’écarter. Trente règles portent cette étiquette, dont les signes de la vision véridique (règles 16 à 21).
- ḍaʿīf.
- Faible, en parlant d’un hadith dont la chaîne de transmission ne tient pas. Le livre s’en sert deux fois : pour le hadith de l’aube, déclaré faible par ash-Shuwayer (règle 141), et pour les hadiths faibles dont les dictionnaires de rêves sont remplis (règle 97).
- ḥasan li-ghayrihi.
- Degré de hadith bon non par lui-même mais par le renfort d’une autre chaîne. Ce livre n’emploie pas ce degré ; il mentionne seulement le degré ḥasan, pour les hadiths qui décrivent le Prophète ﷺ (règle 28).
- ḥashw.
- Remplissage : ce qui est entré dans une vision véridique sans porter de sens. Buwāḥ le définit et en donne les deux cas ; c’est la seule chose qu’il soit permis d’écarter d’un rêve (règles 145 et 184).
- ḥulm.
- Le rêve qui vient du diable, fait pour affliger le dormeur. Il ne s’interprète pas, et l’interprète qui ne sait pas le reconnaître doit s’abstenir (règles 8 et 74).
- ijāza.
- Autorisation donnée par un maître à son élève de transmettre ce qu’il a reçu de lui, ou d’enseigner à son tour. Aucune de nos sources ne mentionne d’ijāza en matière d’interprétation ; ce que Buwāḥ exige, c’est d’avoir étudié auprès d’un homme qui maîtrise la science (règle 72).
- ijmāʿ.
- Accord des savants sur une question. Ash-Shuwayer en rapporte un d’après le juge ʿIyāḍ ; et son texte imprimé porte ce mot à un endroit où le sens attendu serait plutôt l’effort de déduction, que nous avons gardé tel quel et signalé (règle 5).
- ijtihād.
- Effort de déduction personnel. L’interprétation en relève entièrement : elle reste conjecture, l’interprète se trompe et atteint juste (règle 80), et l’un des avis rapportés par ash-Shuwayer le refuse à qui n’a pas les indices et les exemples (règle 5).
- ishtiqāq.
- Dérivation : tirer le sens d’un symbole de la racine de son nom ou d’un mot de sonorité voisine. Voie reconnue de l’interprétation (règle 117), et recours quand le rêveur ne se souvient d’aucun ressenti (règle 189).
- istikhāra.
- Prière par laquelle on demande à Allah de choisir pour soi. Elle n’a pas pour effet un rêve, et attendre une vision comme sa réponse est une faute (règle 107).
- luzūm.
- Implication nécessaire : interpréter la chose vue par ce qu’elle entraîne obligatoirement, non par elle-même (règle 125).
- maʾāl.
- Devenir, issue : interpréter la chose vue par ce qu’elle deviendra, le lait par le fromage, l’enfant par l’homme (règle 126).
- maḥẓūr, pluriel maḥāẓīr.
- Chose à éviter. Onze règles portent cette étiquette : celles du chapitre 5 pour la plupart, et l’interdit de mentir sur un rêve, au chapitre 3.
- marfūʿ.
- Ce qui remonte jusqu’au Prophète ﷺ, par opposition à ce qui s’arrête à un Compagnon ou à un Successeur. La distinction décide de deux points du livre : la formule de refuge rapportée d’Ibrāhīm an-Nakhaʿī (raḥimahu Llāh), qui s’arrête à lui (règle 57), et la règle de la vision qui se réalise selon l’interprétation, qu’al-Ṭayyār fait remonter au Prophète ﷺ contre al-Qurṭubī (raḥimahu Llāh) (règle 199).
- matn.
- Texte de base d’un ouvrage, par opposition au commentaire qui l’explique. Dans al-Badr al-Munīr, le matn pose le sens du symbole et le commentaire en donne la raison ; les citations de ce livre disent toujours de laquelle des deux couches elles viennent.
- mubashshirāt.
- Les annonciatrices : ce qui reste de la prophétie après la fin de la révélation. Ash-Shuwayer appuie sur ce mot l’un des signes de la vision véridique, et il y range aussi l’avertissement, qui prévient avant l’événement (règle 20).
- muḥaqqiq.
- Éditeur scientifique d’un texte ancien. Celui d'al-Badr al-Munīr a laissé des notes en bas de page ; elles ne sont pas la parole de l’auteur, et ce livre ne les cite jamais comme telles.
- muṣannif.
- L’auteur d’un ouvrage, dans la formule par laquelle al-Shihāb al-ʿĀbir introduit son propre commentaire : « l’auteur dit ». Ces passages portent la plus grande part des règles du chapitre 9.
- qāʿida, pluriel qawāʿid.
- Règle générale, applicable à des cas que son auteur n’a pas nommés. C’est l’étiquette la plus fréquente du livre, soixante règles.
- qarīna, pluriel qarāʾin.
- Indice : l’événement, la description ou le second symbole qui obligent à choisir un sens parmi ceux qu’un symbole peut porter. Buwāḥ en fait la flèche avec laquelle on chasse l’oiseau de la vision (règles 145 et 146), et l’interprétation par le contraire ne s’autorise que par elle (règle 119).
- ruʾyā.
- La vision véridique, celle qui vient d’Allah ; c’est la seule des trois catégories du rêve qui s’interprète (règles 7 et 14). Elle est de deux sortes, claire ou symbolique (règle 15).
- Salaf.
- Les premières générations de l’islam, prises comme mesure de conduite. Le livre s’y réfère pour la retenue : ceux d’entre eux qui interprétaient ne tenaient pas séance pour cela (règle 78).
- Commentaire joint à un texte de base. Celui d’al-Shihāb al-ʿĀbir sur son propre matn est la source de la plupart des principes transposables du chapitre 9.
- Condition sans laquelle l’acte n’est pas valable. Huit règles du livre portent cette étiquette, dont celles qui interdisent d’interpréter sans science ou sans connaître l’état du rêveur (règles 69 et 84).
- taʿbīr.
- L’interprétation comme science et comme acte : faire passer la vision de sa forme à son sens. Inspiration chez les prophètes, savoir acquis chez les autres (règle 5), et science qui s’apprend et s’enseigne (règle 71).
- tafāʾul.
- Prendre la chose du bon côté, par bon augure. L’interprétation par le nom propre s’y appuie (règle 116), et à sens égal l’interprète penche vers le meilleur (règle 196).
- ṭarīq, pluriel ṭuruq.
- Voie d’interprétation : un chemin par lequel on passe du symbole au sens, comme le Coran, la Sunna, la langue ou l’analogie. Quinze règles portent cette étiquette, quatorze au chapitre 6 et une au chapitre 8.
- tarjīḥ.
- Préférence motivée entre deux sens possibles. Six règles portent cette étiquette, les cinq du chapitre 11 et une du chapitre 5, celle qui autorise le savant à se servir des dictionnaires de rêves sous condition.
- tawāṭuʾ.
- Concordance de plusieurs personnes sur une même vision, tenue pour un signe de sa véracité (règle 33).
- taʾwīl.
- Le sens auquel une vision est ramenée, et l’opération qui y conduit. Une vision claire n’en demande pas ; une vision symbolique ne se lit pas sans lui (règle 15).
- tawqīf.
- Enseignement reçu d’Allah, non acquis par l’étude. Ash-Shuwayer l’accorde aux prophètes et le discute pour les autres (règle 5).