Taʿbīr ar-ruʾyā, d’Ibn Qutayba al-Dīnawarī
Ibn Qutayba al-Dīnawarī (raḥimahu Llāh) est mort en 276 de l’hégire, et son manuel est le plus ancien de nos textes. Il y expose neuf procédés d’interprétation, dont la descente du genre à l’espèce puis à la propriété, qui commande tout le travail sur les symboles inconnus des livres.
Nous ne le lisons pas en arabe. Notre source est la traduction française donnée par la thèse d’Umberto Cicchetti, soutenue à l’université Concordia en 2011. Le livre le dit chaque fois : ce qui vient de cet auteur est rapporté, non cité au mot, et ses passages ne sont pas mis entre guillemets.
Une exception a été gagnée par une trouvaille. Al-Miftāḥ reproduit un de ses passages mot pour mot et renvoie en note à la page 32 de son livre ; l’arabe est donc revenu par un tiers, et il sert la règle des noms propres. Trente règles s’appuient sur Ibn Qutayba, neuf principalement.
Sharḥ as-Sunna, section de la vision, d’al-Baghawī
Al-Baghawī (raḥimahu Llāh), mort en 516 de l’hégire, consacre à la vision une section de son Sharḥ as-Sunna, et il y range les cinq voies par lesquelles une vision s’interprète. Ces cinq voies traversent le chapitre 6, et un auteur contemporain, al-Ṭayyār, les reprend telles quelles.
Nous ne lisons pas cette section sur une édition imprimée. Nous la lisons dans une compilation française expliquée par le shaykh ʿAbdallāh ibn Jārullāh, ce qui pose deux limites : le texte arabe manque, et l’explication du compilateur se mêle par endroits au texte expliqué. L’arabe d’un passage a été retrouvé en ligne, au tome 12 page 212, sans collation sur une édition imprimée ; il est donné avec cette réserve. Vingt-trois règles citent al-Baghawī, trois s’appuient d’abord sur lui.
al-Badr al-Munīr fī ʿilm at-taʿbīr
L’imam Shihāb ad-Dīn Abū l-ʿAbbās Aḥmad ibn ʿAbd ar-Raḥmān al-Maqdisī al-Ḥanbalī (raḥimahu Llāh), que les interprètes appellent al-Shihāb al-ʿĀbir, a vécu de 628 à 697 de l’hégire. Son livre est un traité de la science, non un dictionnaire de symboles, et il fournit à celui-ci plus de matière que tout autre : 62 règles le citent, 57 s’appuient d’abord sur lui.
Le texte dont nous disposons est un fichier de 161 pages, et il porte trois couches qu’il faut séparer avant de citer. Le texte de base d’abord. Puis le commentaire que l’auteur a joint à son propre texte, qu’il ouvre par « l’auteur dit », et où il donne la raison de ce qu’il vient de poser ; c’est là que se trouvent les règles transposables. Puis les notes d’un éditeur moderne, que nous n’avons jamais citées comme parole de l’auteur. L’homme rapporte ses consultations au discours direct, avec les mots du rêveur et les siens, et ce livre les reprend telles quelles.
Iʿlām al-muwaqqiʿīn, d’Ibn al-Qayyim
Ibn al-Qayyim (raḥimahu Llāh), mort en 751 de l’hégire, n’a pas écrit de traité d’interprétation. Le passage que ce livre utilise se trouve dans Iʿlām al-muwaqqiʿīn, un ouvrage de méthode juridique, et il porte sur les fondements de l’interprétation : l’analogie, et la représentation d’une chose par une autre. Deux règles de symboles en viennent aussi, celle du vêtement vu à un endroit qui n’est pas le sien, et celle de la chute et de l’élévation.
Nous le lisons dans la même compilation française que la section d’al-Baghawī, avec les mêmes limites. L’arabe a été retrouvé en ligne, au tome 1 pages 146 à 149, sans collation sur une édition imprimée ; la compilation, elle, renvoie au tome 1 pages 190 à 195, et nous n’avons pas réconcilié les deux paginations, qui viennent probablement d’éditions différentes. Cinq règles le citent, trois s’appuient d’abord sur lui.
al-Miftāḥ fī ʿilm taʿbīr ar-ruʾyā, de Saʿīd ibn ʿAlī Buwāḥ
Un livre contemporain, quatre-vingts pages imprimées, et le plus systématique de tous ceux que nous avons lus sur la méthode. L’auteur y pose neuf fondements de l’interprétation, douze étapes de travail qui vont de l’écoute du récit à l’invocation finale, quatre composantes du rêve, et la notion d’indice, la qarīna, dont il fait la flèche avec laquelle on chasse l’oiseau de la vision. Soixante-huit règles le citent, trente-quatre s’appuient d’abord sur lui.
Nous ne disposons pas du texte, mais des images d’un fichier scanné. Les citations ont été relues page par page, à l’agrandissement, et la pagination a demandé un décalage d’une page sur l’ensemble des fiches. L’auteur cite beaucoup, et ses notes le disent : plusieurs formules qu’une première lecture lui avait prêtées sont d’Ibn Qutayba ou d’as-Sadḥān, et elles leur ont été rendues.
Épître sur le mérite de la vision et les règles de son interprétation, du professeur ʿAbd Allāh ibn Muḥammad al-Ṭayyār
Un auteur contemporain, et celui qui fournit le plus de règles principales : soixante-sept règles le citent, quarante-huit s’appuient d’abord sur lui. Son épître aligne douze règles pour l’interprète et six pour le rêveur, et elle reprend les cinq voies d’al-Baghawī.
Le fichier dont nous disposons n’est pas paginé. C’est pourquoi ses citations n’ont pas de numéro de page dans ce livre, alors que les autres en ont une : nous préférons ce trou visible à un numéro fabriqué. Il cite abondamment, et nous avons séparé ce qu’il dit de ce qu’il rapporte d’al-Shāṭibī, d’Ibn Ḥajar et d’al-Baghawī. Sur les heures de l’interprétation, nous sommes allés lire dans le Fatḥ al-Bārī ce que son résumé en donne ; les deux lectures sont exposées au chapitre 8, et le livre ne tranche pas.
ar-Ruʾā wa-l-aḥlām, de ʿAbd as-Salām ash-Shuwayer
Ce n’est pas un traité, et il faut le savoir avant d’ouvrir le fichier. C’est une émission transcrite : on y lit les questions du présentateur et les réponses orales du cheikh, dans l’ordre où elles ont été données. Trente-huit pages, aucune note de bas de page, les références glissées dans le corps du texte comme on les donne à l’oral. Il s’appuie sur al-Badr al-Munīr, sur Ibn al-Qayyim, sur l’imam Mālik (raḥimahu Llāh) et sur le juge ʿIyāḍ (raḥimahu Llāh).
Trente-six règles le citent, vingt-deux s’appuient d’abord sur lui, et la parole orale demande des précautions. Un mot imprimé à la page 13 a été vérifié à l’image, agrandi jusqu’à quatorze fois sa taille : la page porte bien « consensus » là où le sens attendu serait « effort de déduction ». Nous l’avons laissé tel quel et signalé à la règle 5.
Qawāʿid wa aḥkām ar-ruʾā wa-l-aḥlām, du shaykh Ibrāhīm ibn ʿAbd Allāh al-Mazrūʿī
Un article, non un livre, et ce livre le présente pour ce qu’il est. Il a paru le 8 octobre 2022 sur le site Baynoona, un site de sciences religieuses, et il tient en dix-huit pages avec vingt-trois notes rassemblées en fin d’article. C’est de lui que viennent les cinq classes d’interprètes qui ouvrent le chapitre 10, dont une seule est jugée juste, et la démarche en sept temps que ce même chapitre décrit. Trente-deux règles le citent, dix s’appuient d’abord sur lui.
Nous l’avons lu sur images. Le nom de son auteur portait d’abord une erreur dans notre inventaire, celle d’un autre nom de père ; la page de titre a tranché, et la correction est passée sur toutes les fiches concernées. Les cinq classes ont été transcrites directement sur l’image de la page 13, les trois du milieu manquant à la première lecture.
Kayfa tuʿabbar ar-ruʾyā ?, de Muḥammad al-Wadʿān
Contemporain, quarante-quatre pages, lu sur images. L’auteur donne huit voies d’interprétation, puis des cas pratiques où il nomme la voie qu’il emploie, ce qui est rare : on le voit travailler, et pas seulement énoncer. Ses notes de bas de page donnent ses sources, et elles ont servi à démêler ce qui est de lui de ce qu’il rapporte. Vingt-six règles le citent, quatre s’appuient d’abord sur lui.
La relecture à l’image a corrigé une attribution qui comptait : une phrase donnée comme celle d’Ibn al-ʿArabī al-Mālikī (raḥimahu Llāh) est en réalité de lui, l’auteur ancien n’étant qu’un renvoi de sa note. Quand il cite Ibn ʿUthaymīn (raḥimahu Llāh), ce livre nomme les deux : le savant cité, et l’auteur qui le cite.
Fassir aḥlāmak bi-nafsik, d’Amīr ibn Muḥammad al-Madrī
Contemporain. Neuf fondements d’interprétation, exposés pour un lecteur qui veut interpréter lui-même, ce que le titre annonce. Vingt-cinq règles le citent, neuf s’appuient d’abord sur lui.
Le fichier dont nous disposons n’est pas paginé, et ses citations n’ont donc pas de numéro de page, comme celles d’al-Ṭayyār. Il rapporte volontiers sans dire d’où il tire : le récit du délai de cinquante ans, qu’il donne d’après Jaʿfar ibn Muḥammad, vient sans référence, et une ancienne traduction du corpus l’avait porté au compte d’al-Ṭayyār, dont l’épître n’en contient rien. Une divergence de nom vient de là, celle du père de ʿAttāb, qu’il écrit Asīd ibn al-ʿĀṣ là où la compilation d’al-Baghawī écrit Asīd ibn Abī al-ʿĪṣ. Elle est signalée, et tranchée à la règle 191 sur les livres de biographies, en faveur de la seconde forme.
Article « Peut-on apprendre l’interprétation des rêves ? »
Le texte se présente comme repris du site du Dr Fahd ibn Saʿūd al-ʿUṣaymī. L’attribution n’est pas certaine, et ce livre ne la présente pas autrement : un article qui se dit de lui. Onze règles en rapportent le contenu, cinq s’appuient d’abord sur lui, parmi lesquelles le registre par défaut des fauves, des oiseaux, des denrées et des métaux, et la vision des prophètes comme révélation.
Le fichier dont nous disposons est très abîmé. Les mots y sont coupés, soudés, remplacés, au point qu’une citation au mot serait une reconstruction. Nous rapportons donc son contenu en français et nous ne le citons jamais en arabe, pas même dans la version arabe de ce livre. C’est la seule source traitée de cette façon.
Ce que valent ces textes entre nos mains
Quatre de ces ouvrages n’existent pour nous que sous forme d’images : al-Miftāḥ, l’article d’al-Mazrūʿī, al-Wadʿān et ash-Shuwayer. Leurs citations ont été relues page par page, à l’agrandissement, une seconde fois après la première lecture, et cette relecture a corrigé plus de la moitié d’entre elles : des mots ajoutés, des mots perdus, des locuteurs confondus, un sens inversé. Les coquilles des éditions sont reproduites telles quelles et signalées à leur place ; aucune n’a été corrigée en silence, même quand la correction paraissait évidente. Là où nous n’avons qu’une traduction, le livre le dit à l’endroit même où il rapporte le passage, il ne met pas de guillemets, et il ne fabrique pas d’arabe pour combler le vide. Ce qui manque manque.